Le PNUE/PAM-SPA/RAC, en étroite collaboration avec UICN Med, Université de Rome Tor Vergata, FAO-CGPM et l’Institut de recherche Senckenberg, a organisé l’atelier sur la conservation et la gestion de la Grande nacre Pinna nobilis, du 14 au 16 avril 2026 à Jesolo, en Italie.
La Grande nacre Pinna nobilis est l’une des espèces marines les plus menacées de Méditerranée. Endémique de la région, il s’agit du plus grand mollusque bivalve marin de Méditerranée. Elle joue également un rôle écologique important en offrant un habitat à de nombreuses espèces associées.
Après un déclin antérieur lié aux pressions humaines, ses populations se sont effondrées depuis 2016 à la suite d’un épisode de mortalité massive associé à des agents pathogènes et aggravé par des facteurs de stress environnementaux, notamment le changement climatique. L’espèce est inscrite à l’Annexe II du Protocole relatif aux Aires spécialement protégées et à la diversité biologique, qui couvre les espèces en danger et menacées.
De nouvelles perspectives pour sauver une espèce emblématique
Bien que la situation demeure critique, les connaissances scientifiques progressent et de nouvelles pistes de conservation émergent. Dans ce contexte, l’atelier a réuni des chercheurs méditerranéens et gestionnaires de sites où se trouve Pinna nobilis afin de présenter les avancées les plus récentes, d’échanger des expériences pratiques et de discuter d’un renforcement de la coordination régionale en faveur de la conservation de l’espèce.
La première journée a focalisé sur les progrès scientifiques en matière de conservation ex situ. Le SPA/RAC a présenté le programme de restauration de Pinna nobilis, adopté par les Parties contractantes à la convention de Barcelona lors de la COP 23. Les discussions ont porté sur les défis techniques liés au maintien de l’espèce en captivité. Les participants ont également visité l’unité du Laboratoire d’écologie expérimentale et d’aquaculture de l’Université de Rome Tor Vergata, située dans la Lagune de Venise, où ils ont observé les installations de conservation ex situ ainsi que l’application de protocoles de préparation alimentaire visant à optimiser la croissance et la maturation gonadique.
La deuxième journée a été consacrée aux avancées en matière de conservation in situ dans les habitats côtiers, avec une attention particulière portée aux systèmes de transition en tant que refuges potentiels pour l’espèce. Gestionnaires et chercheurs ont présenté des exemples de stratégies nationales en cours, de réglementations et de mesures de gestion pour la protection de Pinna nobilis.
Des travaux de groupe ont ensuite permis d’examiner les besoins écologiques de l’espèce ainsi que les défis liés à la cohabitation des usages et à la gouvernance. Les approches de gestion ont été explorées dans différents types de systèmes, notamment les lagunes à usages multiples, les systèmes deltaïques et agricoles, les zones dominées par l’aquaculture, ainsi que les systèmes lagunaires privés à vocation aquacole et les zones marines.
Vers une coordination méditerranéenne renforcée
Les discussions se sont poursuivie avec des échanges sur les conditions écologiques, hydrologiques et de coexistence, ainsi que sur les aspects de gouvernance et de coordination, en vue d’affiner un guide de gestion intégré.
Les résultats des discussions menées lors des deux premières journées de l’atelier seront intégrés dans des lignes directrices sur le maintien ex situ et l’élevage, ainsi qu’un guide de gestion qui sera finalisé dans les prochains mois.
L’atelier s’est achevé avec des discussions sur la mise en place d’un mécanisme méditerranéen de coordination destiné à soutenir et superviser les activités de conservation de Pinna nobilis. Les participants ont souligné la nécessité de créer des groupes de travail thématiques coordonnés au sein d’un dispositif de coordination méditerranéen, couvrant l’ensemble des actions, du suivi à la translocation, afin de renforcer l’efficacité des futurs efforts de conservation.








Photos de Arnold Rakaj