Vue d’ensemble
La Convention de Barcelone décrit l’approche écosystémique, telle que définie par la Convention sur la Diversité biologique (CDB), comme
« une stratégie de gestion intégrée des sols, des eaux et des ressources vivantes qui favorise la conservation et l’utilisation durable d’une manière équitable. »
Cette approche va au-delà de l’examen isolé de problématiques, d’espèces ou de fonctions écosystémiques. Elle reconnaît au contraire les systèmes écologiques pour ce qu’ils sont : un mélange riche d’éléments qui interagissent en permanence.
L’approche écosystémique (EcAp) reconnaît que les êtres humains, avec leur diversité culturelle, sont une composante intégrante des écosystèmes. Elle vise ainsi à améliorer la gestion durable des activités humaines pour la protection de l’environnement marin et côtier.
L’adoption de l’EcAp dans le cadre de la Convention de Barcelone
Lors de la COP 15 de la Convention de Barcelone, qui s’est tenue à Alméria, en Espagne, en janvier 2008, les Parties contractantes ont convenu d’appliquer progressivement l’EcAp à la gestion des activités humaines susceptibles d’affecter l’environnement marin et côtier de la Méditerranée, dans le but de promouvoir un développement durable.
A cette occasion, elles ont adopté une vision commune pour la Méditerranée :
« Une Méditerranée saine, aux écosystèmes marins et côtiers productifs et biologiquement diversifiés, au bénéfice des générations présentes et futures ».
Avec l’adoption de la stratégie EcAp et de sa feuille de route en sept étapes, les Parties contractantes se sont engagées à mettre en œuvre l’EcAp en Méditerranée, avec pour objectif ultime d’atteindre le Bon État Écologique (BEE) de la mer Méditerranée et de ses côtes.

(2) Évaluation intégrée initiale
(3) Développement de l’IMAP
(4) Le système d’information de l’IMAP
Les Objectifs écologiques de l’EcAp
Dans le cadre de l’Approche écosystémique, les Parties contractantes à la Convention de Barcelone ont élaboré un ensemble d’Objectifs écologiques (OE), accompagnés d’indicateurs communs permettant d’évaluer l’état de l’environnement marin et côtier.
Les Objectifs écologiques sont les suivants :
- OE 1 : La diversité biologique : La diversité biologique est maintenue ou renforcée. La qualité et la fréquence d’habitations côtières et marines et la distribution et l’abondance d’espèces côtières et marines sont conformes aux conditions physiographiques, hydrographiques, géographiques et climatiques qui prévalent
- OE 2 : Les espèces non-indigènes : Les espèces non indigènes introduites par les activités humaines sont à des niveaux qui n’affectent pas l’écosystème.
- OE 3 : La récolte de poissons et crustacés exploités commercialement : Les populations de poissons et crustacés sélectionnés et exploités commercialement sont en dessous des limites biologiques de sécurité, affichant une distribution de l’âge et de la taille de la population témoignant de la bonne santé du stock
- OE 4 : Les chaînes alimentaires marines : Les altérations aux composantes des chaines alimentaires marines causées par l’extraction de ressources ou des changements environnementaux provoqués par l’homme n’ont pas d’effets négatifs sur le long terme, sur la dynamique de la chaine alimentaire et la viabilité
- OE 5 Eutrophisation : L’eutrophisation d’origine anthropique est évitée, notamment ses effets négatifs, tels que les pertes de biodiversité, la dégradation de l’écosystème, les efflorescences algales nuisibles et le manque d’oxygène dans les eaux de fond ;
- OE 6 : L’intégrité du sol marin : L’intégrité du sol marin est maintenue, principalement dans les habitats benthiques prioritaires
- EO7 Hydrographie : L’altération des conditions hydrographiques n’affecte pas de manière négative les écosystèmes côtiers et marins ;
- EO8 Écosystèmes et paysages côtiers : Les dynamiques naturelles des zones côtières sont maintenues et les écosystèmes et paysages côtiers sont préservés ;
- EO9 Pollution : Les contaminants n’ont aucun impact significatif sur les écosystèmes côtiers et marins et sur la santé humaine ;
- EO10 Déchets marins : Les déchets marins et côtiers n’affectent pas de manière négative les milieux marins et côtiers ; et
- EO11 Énergie, y compris les bruits sous-marins : Le bruit des activités humaines n’a pas d’impact significatif sur les écosystèmes marins et côtiers.
Le travail du SPA/RAC se concentre plus particulièrement sur cinq Objectifs écologiques : OE 1, OE 2, OE 3, OE 4 et OE 6.
Le Programme intégré de surveillance et d’évaluation (IMAP)
Lors de leur 19ème réunion ordinaire (COP 19, Athènes, Grèce, 9-12 février 2016), les Parties contractantes à la Convention de Barcelone ont adopté le Programme de surveillance et d’évaluation intégrées de la mer et des côtes méditerranéennes et les critères d’évaluation connexes (IMAP) ainsi que les critères d’évaluation connexes (décision IG.22/7).
L’IMAP définit la stratégie, les thématiques et les produits que les pays méditerranéens visent à fournir pour évaluer l’état de la mer Méditerranée et des zones côtières. Il constitue une base commune pour l’élaboration de mesures, de plans de gestion et de programmes renforcés.
L’IMAP doit être révisé tous les six ans. La première évaluation basée sur l’IMAP a été publiée en 2017 sous la forme du Rapport sur l’état de la qualité de la Méditerranée (MED QSR 2017).


MEDITERRANEAN QUALITY STATUS REPORT
Le Rapport sur l’état de la qualité de la Méditerranée (MED QSR) est une publication phare du PAM, évaluant l’état des écosystèmes marins et côtiers méditerranéens et les progrès vers le Bon état écologique.
Soutien à la mise en œuvre de l’EcAp
Des projets successifs financés par l’Union européenne (UE) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) ont contribué à soutenir la mise en œuvre de l’Approche Écosystémique (EcAp) en Méditerranée.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la Directive-cadre Stratégie pour le milieu marin (DCSMM) par les pays de l’Union européenne en Méditerranée offre des opportunités importantes pour renforcer l’application de l’EcAp à l’échelle régionale, en veillant à la cohérence et à l’absence de duplication des efforts et obligations.
La gouvernance EcAp
La mise en œuvre de l’Approche écosystémique repose sur une structure de gouvernance établie.
Le Groupe de coordination de l’EcAp
Composé des points focaux du PAM, de l’Unité de coordination, des composantes du PAM et des partenaires du PAM, le Groupe de coordination supervise la mise en œuvre de l’EcAp. Il identifie les lacunes dans l’avancement de la feuille de route et propose des solutions pour faire progresser l’agenda EcAp.
Les groupes de correspondance
Trois groupes de correspondance appuient le Groupe de coordination :
- CORGEST – Groupe de correspondance sur le Bon État Écologique et les cibles, chargé des discussions sur les Objectifs écologiques, organisées en trois clusters : Biodiversité et Pêches, Littoral et Hydrographie et Pollution et déchets marins.
- CORMON – Groupe de correspondance sur la surveillance, chargé de la surveillance et de l’évaluation intégrées, en lien avec les travaux du CORGEST.
- CORESA – Groupe de correspondance sur l’analyse économique et sociale, chargé du développement d’analyses socio-économiques des usages des écosystèmes marins.

Document de référence
