SPAMI Day 2026 met en lumière la restauration des écosystèmes, la coopération et l’action régionale en faveur de la conservation marine en Méditerranée

Trieste (Italie), 30 juin 2026 – Des représentants des Aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (ASPIM), des autorités nationales, des organisations régionales, des scientifiques et des professionnels de la conservation venus de toute la Méditerranée se sont réunis à Trieste à l’occasion de la cinquième édition de la SPAMI Day, organisée par le Centre d’activités régionales pour les aires spécialement protégées (SPA/RAC), relevant du PNUE/PAM, en collaboration avec l’Aire marine protégée de Miramare.

Accueilli par l’Aire marine protégée de Miramare, gérée par le WWF Italie, l’événement a constitué une plateforme privilégiée d’échange d’expériences, de partage de solutions concrètes et de renforcement de la coopération au sein du réseau des ASPIM, qui rassemble des sites marins et côtiers protégés de Méditerranée reconnus au titre de la Convention de Barcelone.

La première journée a été consacrée à l’un des défis majeurs de la conservation marine : la restauration des écosystèmes. À travers des présentations d’experts et des tables rondes, les participants ont souligné qu’une restauration efficace commence par la réduction des pressions exercées sur les milieux marins et repose sur des bases scientifiques solides, un suivi à long terme et une gestion adaptative. 

Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’intégrer les enjeux liés au changement climatique dans les stratégies de restauration, tout en rappelant que la restauration doit compléter, et non remplacer, les mesures de conservation existantes. Des investissements durables et une coopération régionale renforcée ont également été identifiés comme des conditions essentielles à la réussite des actions de restauration sur le long terme.

« Une restauration réussie ne consiste pas uniquement à restaurer des espèces ou des habitats. Il s’agit de rétablir les fonctions écologiques et les services écosystémiques que des écosystèmes marins en bonne santé rendent à la nature comme aux populations », a déclaré Saul Ciriaco, responsable scientifique de l’Aire marine protégée de Miramare.

Les sessions de l’après-midi ont illustré la valeur ajoutée de la Liste des ASPIM à travers des expériences concrètes en matière de financement durable, de gouvernance, de conservation des espèces et de coopération transfrontalière. Les intervenants ont souligné que le réseau des ASPIM permet aux aires marines protégées d’apprendre les unes des autres, de renforcer leurs capacités et de développer des réponses coordonnées aux défis communs de la conservation.

Les participants ont également mis en avant le Sanctuaire Pelagos comme un exemple emblématique de coopération transfrontalière dans le cadre de la Convention de Barcelone. En Méditerranée, conformément aux dispositions du Protocole relatif aux aires spécialement protégées et à la diversité biologique (Protocole ASP/DB), les aires marines protégées et les ASPIM peuvent s’étendre au-delà des juridictions nationales. Le Sanctuaire Pelagos démontre ainsi que plusieurs pays peuvent collaborer efficacement pour mettre en œuvre des mesures de conservation en faveur d’espèces hautement mobiles et d’écosystèmes marins partagés. Les intervenants ont rappelé que les écosystèmes marins ne connaissent pas de frontières politiques, ce qui rend la coopération régionale indispensable pour obtenir des résultats durables en matière de conservation à l’échelle de la Méditerranée.

« Un réseau d’ASPIM solide et efficace signifie une protection renforcée de la Méditerranée. C’est la coopération à tous les niveaux qui transforme des aires protégées individuelles en une véritable force régionale au service de la conservation », a déclaré Asma Kheriji, chargée de programme au SPA/RAC.

Les échanges ont été complétés, lors de la deuxième journée, par une visite de terrain de l’Aire marine protégée de Miramare (inscrite sur la Liste des ASPIM depuis 2008), offrant aux participants un aperçu concret de quarante années d’actions en faveur de la conservation marine, du suivi scientifique, de l’éducation à l’environnement et de la restauration des écosystèmes. Cette visite a illustré la manière dont une gestion de long terme, la recherche scientifique et l’implication des parties prenantes permettent de traduire les engagements régionaux en actions concrètes de conservation.

L’événement s’est conclu par un engagement renouvelé des gestionnaires d’ASPIM et de leurs partenaires à renforcer la coopération en Méditerranée et à poursuivre la promotion d’une gestion efficace, de la restauration des écosystèmes et du partage des connaissances au sein du réseau des ASPIM.

Aujourd’hui, la Liste des ASPIM rassemble 39 des sites marins et côtiers protégés les plus remarquables de la Méditerranée. Reconnus dans le cadre de la Convention de Barcelone tant pour leur valeur naturelle exceptionnelle que pour la qualité de leur gestion, ces sites forment une communauté régionale unique de pratique et de coopération, engagée en faveur du renforcement de la conservation du milieu marin.

Photos: SPA/RAC, Giovanni Aiello

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